Tracer son destin : le parcours d’une calligraphe passionnée
La calligraphie est un véritable art qui allie patience, précision et créativité. Dans un monde où tout va trop vite et où l’écriture numérique domine, certaines personnes prennent encore le temps de donner vie aux lettres… à la main. J’ai eu le plaisir d’échanger avec Laetitia Harder, une artiste qui façonne les mots avec élégance. Dans cette interview, elle nous partage son parcours, ce qui la passionne dans ce métier, son quotidien, mais aussi ses conseils pour celles et ceux qui aimeraient se lancer dans cet art fascinant. Êtes-vous prêts à plonger dans l’univers des pleins et des déliés ? Voici donc le parcours d’une calligraphe professionnelle et passionnée !
Bonjour Laetitia, peux-tu nous raconter ton parcours de calligraphe ?
Bonjour Valérie ! J’ai toujours aimé la poésie, et à 16 ans j’ai découvert la calligraphie, ce qui m’a permis de recopier les poèmes à la plume pour mieux les retenir et les mettre en valeur, en cherchant aussi des jeux de typographie ou de mise en page pour des productions personnelles. J’ai poursuivi des études de Lettres sans finalement que ça me mène quelque part professionnellement ; et à la trentaine, profitant de droits au chômage acquis à la suite de petits boulots, j’ai décidé d’approfondir la calligraphie et de me lancer dans cette voie en créant mon auto-entreprise. Les trois premières années ont été compliquées, car beaucoup ne comprenaient pas que ça puisse être un métier. De plus, les autodidactes sont assez mal vus en France. J’ai dû apprendre et comprendre seule comment je pouvais intégrer la calligraphie à notre contemporanéité.
Qu’est-ce qui te passionne le plus dans cet art ?
C’est sans doute l’authenticité, la recherche de vérité, du trait juste. En calligraphie on ne peut pas tricher. Dès qu’on retouche quelque chose, ça se voit. La calligraphie oblige à l’honnêteté. Le bricolage lui fait perdre aussitôt ce qui pourrait la rapprocher d’une forme de divin. Ce qui est important aussi, c’est qu’il faut se détacher de tout esprit de compétition.
Peu importe la performance ou la perfection, ce qui est primordial ici c’est l’authenticité et l’harmonie.

À quoi ressemble une journée type dans ton métier de calligraphe ?
Il n’ y a pas de journée type. C’est aussi pourquoi j’ai choisi cette voie. Même si des revenus réguliers rassurent, la routine professionnelle ne me convient pas ; je l’ai bien connue avant, sans arriver à m’épanouir. Il y a plutôt des « jours types » : des jours où je fais de l’administratif, devis, facture, mails, mise à jour du site internet. Des jours où j’honore les commandes depuis mon atelier, en agence ou sur différents événements. Des jours où je livre les boulots et où je m’approvisionne en matériel. Des jours où je crée pour moi. Des jours où je m’enrichis, en faisant des recherches sur internet, en allant au musée, à une expo ou à la bibliothèque. Des jours où je transmets (en cours ou en école par exemple).
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans la calligraphie ?
Personnellement, sur la technique, j’ai tout appris dans les livres et en regardant des documentaires édifiants sur l’écriture et le parcours de certains calligraphes. Et puis un entraînement très régulier au début permet de vite progresser ; tout essayer, différents médiums, écritures et techniques. On peut aussi prendre des cours en participant à des stages si l’on en a les moyens et qu’on n’a pas peur de la comparaison de son travail avec d’autres apprenants. En tant que professionnel par contre, le plus dur c’est de comprendre ce que la calligraphie peut apporter à nos vies, comment concrètement l’intégrer aux objets du quotidien, quelle proposition faire en tant qu’artiste ou artisan, selon qu’on préfère la création pure ou la réalisation sur commande.

Il faut également apprendre à travailler vite, ce qui semble contradictoire avec la calligraphie, mais une large clientèle a besoin de réactivité et d’efficacité, dans des délais courts et parfois des contextes compliqués (quand on travaille sur événement principalement, on doit parfois travailler sur nos genoux, sans lumière adaptée, dans le bruit, ou dans le passage). Il faut avoir confiance en soi, savoir défendre son travail et ne pas se dévaluer en minimisant le temps qu’on y a passé.
As-tu des projets en cours ou à venir dont tu aimerais parler ?
Je vais participer à l’Ar’Vran Fest cette année, les 5 et 6 juillet 2025 à Janzé, en Bretagne. Mon stand « À l’ombre des mots » sera situé dans le marché médiéval. C’est très nouveau pour moi, car mes clients sont pour la plupart du domaine du luxe ou de l’événementiel ; pour eux, je personnalise principalement des invitations, enveloppes, menus, chevalets de table, etc. Je dois, pour m’adapter à ce public, travailler des écritures anciennes qu’on me demande rarement et travailler une autre esthétique, répondre à d’autres besoins. Dans une démarche plus artistique qu’artisanale, je cherche aussi à intégrer des éléments ou des techniques qu’on a plus ou moins l’habitude de voir associés à la calligraphie, comme les tampons, le gaufrage, les sceaux de cire, l’impression végétale ou le cyanotype.

Où peut-on découvrir ton travail et te suivre ?
Mon site internet calligraphe.paris présente mon approche artisanale et exécutante ainsi que mes réalisations sur mesure. Je suis en train de créer un autre site internet alombredesmots.fr pour mes créations artistiques. J’espère qu’il sera prêt pour juillet ou pour la rentrée de septembre 2025 au plus tard.
Conclusion
J’ai adoré lire les réponses de Laetitia, qui ont résonnées en moi car je suis moi-même une autodidacte de l’écriture ! Et vous, que pensez-vous de son parcours de calligraphe ? Connaissiez-vous ce métier ? Et si cet art de l’écriture manuscrite vous intéresse, pourquoi ne pas vous lancer dans une parenthèse créative, au moins en tant que loisir ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ou à partager l’article s’il vous a plu. Et découvrez d’autres parcours inspirants, en rapport avec le monde de l’écriture !
